Lettre opinion

 Bromont, le 27 avril 2016

Les organisations de recherche contractuelle (ORC): créatrices d’emplois de haute qualité et moteur fort du développement économique du Québec 

Pour qu’une innovation en santé passe du laboratoire au patient, que ce soit un nouveau médicament, un test prédictif ou diagnostic, ou une technologie, elle doit réussir avec succès les essais précliniques et cliniques obligatoires, gages de sécurité et d’efficacité. Si plusieurs entreprises en sciences de la vie liées à la santé humaine et animale effectuent leurs propres activités de recherche et développement, un nombre croissant d’entre elles les confie en impartition à des spécialistes : les ORC. Ces dernières sont la colonne vertébrale de la chaîne de l’innovation en santé, et peuvent couvrir toutes les étapes de ce processus, de la découverte à la recherche préclinique, jusqu’aux phases 1 à 4 de la recherche clinique, et cela pour une myriade de champs thérapeutiques.
BIOQuébec regroupe plus d’une centaine d’entreprises et organisations issues de tous les maillons de la chaîne de l’innovation de la biotechnologie et des sciences de la vie. Elles sont actives dans la recherche, le développement et la commercialisation de nouveaux tests, médicaments et autres produits et services liés aux sciences de la vie. Engagé à favoriser la croissance de cette industrie et à faire du Québec un des acteurs clés et incontournables de ce secteur à l’échelle internationale, BIOQuébec a aussi le mandat de mieux faire connaître ces entreprises innovantes. À cet égard, BIOQuébec a récemment demandé à KPMG-Secor de mener une étude de caractérisation complète des ORC du Québec. Les résultats sont extrêmement positifs et méritent d’être connus du public.

Une économie dynamisée

Tout d’abord, les ORC représentent aujourd’hui près de 20 % du secteur des sciences de la vie au Québec et bien que la belle province soit deuxième au Canada en termes de concentration, avec 71 entreprises, plus de 93 % d’entre elles sont des sièges sociaux globaux ou canadiens. Avec 4 375 emplois directs au Québec, les ORC représentent près de 8 % de la main-d’oeuvre de l’industrie biopharmaceutique, pour une masse salariale annuelle estimée à 224 millions de dollars. Ces emplois sont de haute qualité ̶ 46 % des employés ont un diplôme collégial et 45 %, un diplôme universitaire ̶ avec un salaire moyen versé de 52 000 $, soit 30 % plus élevé que la rémunération moyenne québécoise.
L’étude révèle également que les ORC du Québec génèrent actuellement un chiffre d’affaires annuel de plus de 550 millions de dollars dont 82 % provient de l’extérieur du Canada. En d’autres mots, elles injectent chaque année dans notre économie près de un demi-milliard de dollars d’argent neuf. Cet apport va en augmentant, car la croissance mondiale de ce secteur se voit aussi au Québec où 76 % des ORC ont vu leur chiffre d’affaires croître au cours des trois dernières années.
De plus, 73 % des ORC québécoises, selon ce même sondage, prévoient une croissance des emplois au cours des trois prochaines années en raison de la hausse de la demande. Des cheminements de carrière méconnus et de haute qualité sont d’ailleurs offerts par les ORC notamment aux diplômés en technique de santé animale, en technique de soins infirmiers et en pharmacologie.
Les ORC créent de la richesse au Québec : leurs activités injectent de l’argent neuf dans notre économie et soutiennent des emplois de qualité. Par le biais de leurs projets de recherche, les ORC permettent aux patients d’ici de bénéficier de technologies et de traitements novateurs autrement inaccessibles à court ou moyen terme, et de réduire les frais de santé.
En favorisant une fiscalité adaptée à leurs enjeux, notamment en facilitant l’accès aux crédits à la R - D, nous permettons aux ORC québécoises d’être encore plus concurrentielles, d’accéder à de nouveaux marchés et d’ainsi multiplier rapidement les retombées économiques pour le Québec.
Par leur concentration, la nature de leur implication dans la recherche et leur poids économique, les ORC du Québec constituent un maillon-clé de la chaîne de l’innovation en santé et un moteur fort de notre développement économique.

  Anie Perrault -  Directrice générale de BIOQuébec 

Anie Perrault - Directrice générale de BIOQuébec 

 

L.Conan